Ces détails qui font l’art

Quelques détails de Don Quichotte

 

Inutile de raconter l’histoire.

Inutile d’ajouter un avis à d’autres souvent mieux renseignés que le mien.

Seulement quelques détails, çà et là, en mosaïque, quelques traces qui pour moi font sens.

J’ai souvent pensé que la technique s’oublie avec le temps, que la technique s’efface derrière les détails, ceux qui font le supplément d’âme. Ces détails sont ceux qui font qu’on se souvient, sans trop savoir pourquoi, de tels danseurs et/ou de telles danseuses… ce sont eux aussi qui rendent certains désagréables, alors qu’en toute objectivité ils sont de bons danseurs.

Les détails que je retiens du Don Quichotte du 3 janvier 18 :

– La ligne nuque-épaule-poignet-index de Myriam Ould-Braham rend tout ce qu’elle fait d’une indicible et spirituelle beauté. Comme le dit Grignotages, c’est assez à contre-emploi, mais c’est si charmant que personne ne résiste. Le cou a son existence propre, isolée, un espace toujours conservé et propre à lui, le coude n’entre pas dans cette ligne, ce qui produit cette élévation particulière à la danseuse ;

– Les coups de tête hispanico-volontaires de Mathias Heymann qui viennent achever… toute la perfection flamboyante du reste. L’énergie personnelle du danseur vient se parachever dans la tête et dessine la forme définitive du personnage de Basilio. La tête (la ruse de Basilio) comme prolongement ultime des pieds ;

– Les ensembles d’hommes sont ce que Noureev savait le mieux faire : à chaque fois, on est ébloui. Les pécheurs qui frappent le sol de la main en sont le point d’orgue.

– Les attitudes de Myriam Ould-Braham dans sa variation de Dulcinée : la hauteur du genou et l’allongement spécial du bas de jambe annonce combien Dulcinée est un idéal.

– Le travail de pied d’Hannah O’Neill dans la danseuse de rue n’a d’égal que l’abandon de son épaule dans les cambrés. Travail de pied très remarquable et qui m’a frappée plus particulièrement que d’habitude. Un travail spécifique ?

– Les menés de Dulcinée et de l’Amour : ondoyant, flottant, voguant, ondulant – bref, on ne sait plus s’il s’agit de brume ou de mer, de nuages rêvés ou de vagues. Sublime(s) pied(s) de derrière qui dirige(nt) l’air de rien le(s) pied(s) de devant.

 

Un autre jour – un jour ingrat – je raconterai les détails que je n’aime pas et qui gâchent tout. Car, j’en suis certaine, ce sont les détails qui font l’art.

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